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Tao, Mao et Môa…

Curieux pays que la Chine dans lequel est né, à l’époque dite des royaumes combattants (VIIIe-IIIe siècle) l’école du TAO (Tao Kia) sans doute quelques années après l’école de Confucius (551-479 av JC). Le Taoïsme (道教), pour faire très bref, est une philosophie et une religion qui recherche la voie à suivre et qui renseigne sur la voie à suivre. L’un des livres fondateurs est le TAO-TE-KING qui aurait été écrit par LAO-TSEU. Dans ce livre magnifique (qui a plus de 2400 ans), j’y ai trouvé un texte étonnant

……

Un grand pays s’abaisse devant un petit pays.

Passif

Il le conquiert.

Mais si un petit pays s’abaisse devant un grand pays

Passif

Il est conquis.

L’un, passif, conquiert.

L’autre, passif, est conquis.

Le grand pays veut prendre le petit

Sous sa protection.

Le petit pays veut voir ses services

Reconnus.

Chacun trouve ainsi sa juste place

Mais c’est au grand pays

De s’abaisser.

Et puis (je fais court) la Chine a versé dans l’horreur du Maoïsme, piétinant tous les préceptes du Taoïsme, du Confucianisme et du Bouddhisme (venue par la voie de l’Inde). Rouleau compresseur de la pensée unique, le taoïsme a réussi a asservir un immense peuple et à lui donner la "matière première" pour devenir le premier pays communo-capitaliste…

Curieux pays que le notre dans lequel se développe un individualisme forcené (le culte du Môa) et qui est capable de faire croire qu’il se passionne pour le TIBET…ce même pays dont "l’élite", à l’époque du petit livre rouge, s’était passionnée pour Mao en écrasant les quelques voix qui tentaient d’expliquer qui était vraiment ce fou (voir le traitement réservé, entre autres, à Lucien BODARD).

Tout cela est-il vraiment sérieux ?

Géronte d’Allauch

11 réflexions sur “Tao, Mao et Môa…

  1. Tu as raison LENONCE : les célébraitons de mai 68 sont en cours, il est grand temps de rappeler qui étaient les maoïstes en 1968, et ce qu’ils sont devenus, et ce qu’il disent à la Chine et de la Chine en mai 2008.

  2.  » l’utopie n’avait pas de sève, elle ne prenait aucune altitude ; sous le déguisement du guévarisme d’opérette, je voyais poindre le bobo sexagénaire qui nous bassine aujourd’hui avec la nostalgie d’une « révolution bidon ». Elle n’a pas changé la vacuité de son âme.  » C’est ainsi que Tillinac résume mai 68.
    Cela a au moins le mérite d’être synthétique.
    Pour ma part, je crois que nous crevons de la fin de l’Histoire. Dilués dans un « global », nous ne sommes plus inscrits dans le cours de notre vie mais seulement sur des listes de consommateurs / électeurs / contribuables. Quelle triste farce de prétendre n’être pas des numéros , notre carte sécu en poche.
    C’est la fin de l’Histoire, foulée par tant de philosophes et idéologues.
    Là, peut être, réside la réaction « communautaire » à laquelle nous assistons ; la récupération sommaire d’une histoire pour contenter quelques enfants perdus et affamés de l’Histoire.
    Là, sûrement, est le travail de sape des groupes attachés à légitimer leur pouvoir sur l’individu à isoler.  » Internationnale Machin » contre « Pan-Bidule », Syndicat des Forges contre Syndicat Prolétarien, énarques de gauche contre énarques de droite …  » l’adhésion  » est le refuge de l’aculturé, de l’orphelin d’une histoire individuelle ou collective.
    Une Histoire se porte en soi, avec ses mythes et ses figures de proue : elle ne fait pas appel à des cotisations, avec ses présidentiables et ses finalistes de la star’ac.
    Je vous ai invité à reprendre l’histoire (édifiante) de la république romaine, le nain vous invita à passer à la chute de l’empire. Tant qu’à faire, allons directement au chapitre suivant. A cette époque le « communautaire » fut baptisé « les temps féodaux ».
    Il m’arrive certains jours de trouver un goût de servage à ma condition de citoyen.
    Et le tao dans tout ça ? N’enseigne-t-il pas que chacun de nous est inscrit dans un tout, mais reste un constituant essentiel puisque ce tout s’y rapporte en entier. Il parait qu’il enseigne aussi le secret de la parfaite cuisson du nem. Bougre ! je connais des restos chinois qui doivent être des repères de maoïstes.
     » Tout le monde tient le beau pour le beau, C’est en cela que réside la laideur. Tout le monde tient le bien pour le bien, C’est en cela que réside le mal.  »

  3. Mais le monde n’est pas sérieux
    car les hommes ne sont pas sérieux.
    Ils portent des masques et développent leur hypocrisie
    à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche pour débiter leurs conneries.
    En réponse à Pilier de Mines,
    J’approuve ta vision de la fin de l’Histoire, ébauchée par l’honorable Fukuyama et je pense qu’elle s’explique par l’absence d’idéologies. On manque cruellement d’idéologue : les catho se sont fait dégommés depuis le 19ème siècle, les facho c’est fini depuis belle lurette et les coco (arrêtons de nous leurrer) n’existent plus (il n’en reste que quelque trace de freinage ds les chiottes de l’histoire dont D Albert nous fait le plaisir de nous rappeller l’existence…), même le nationalisme a fini par expirer.
    Mais attention! Cette vision de fin de l’Histoire est typique de l’Occident. Et Méfiez vous cher Pilier de Mines de l’orient et de son exotisme qui consiste justement en ayant encore des ressources idéologiques, qu’il puise dans la religion (islamisme) ou le nationalisme(chinois).
    L’histoire continue cher Pilier et si l’occident ne prend pas le train en marche elle se fera sans nous.
    ILS craint la fin de l’Histoire et ne veut pas être le dernier homme…

  4. Je ne ressens pas l’idéologie comme la pierre angulaire de l’Histoire. Elle y trace des sillons, provoque des fractures, mais ne fait qu’y nicher ; l’arbre est plus vaste et ses racines plus lointaines.
    L’Histoire, pour paraphraser, est  » une force qui va « , d’où cet élan qui nous pousse en avant et nous rappelle ce qui fut fait, comme un héritage glorieux ou impie que nous devrions impérativement mener au plus loin de nos volontés.
    Cela dépasse la posture idéologique, la spéculation philosophique, quand bien même elles allument parfois des feux dont l’urgence revigore cette « force qui va ».
    Certes, et l’orient dans tout ça ? Je ne suis pas convaincu dans les faits qu’il se porte mieux. La pointe d’exotisme et ses parfums de mystère sont d’un attrait tout littéraire ou du moins alimentent ils le tourisme en thaïlande. Au surplus, le recours à l’idéologie apparait comme un épiphénomène ou la recherche d’une cohésion historique malmenée depuis plus d’un siècle.
    A moins, cher ils, que tu ne soupçonnent un regard torve au lecteur assidu des 36 stratagèmes et ne lui prète quelques supériorités à nos charges frontales bien occidentales (azincourt, azincourt, morne plaine).
    Soit, mais je ne peux renier mon regard occidental sur ce monde et, sans chercher le concours de beauté entre civilisations, me désole de compter de nouveaux décombres de ce coté ci de la terre. Loin de moi, le désir d’une nouvelle cassandre ni « de voir le dernier romain à son dernier soupir » lui seul en être la cause et mourir de plaisir.
    Le gréement est mal en point mais la coque tient toujours sous l’assaut des vagues. Gardons le cap et, foi de quiddité, acceptons notre Histoire.

  5. Cher Pilier de Mine je vous recommande les « Aphorismes » de TCHOUANG TSEU, une autre grande voix du Taoisme.
     » Est-ce TCHOUANG TSEU qui rêve qu’il est un papillon ou le papillon qui rêve qu’il est TCHOUANG TSEU ? »……

  6. Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ?

  7.  » Mourir… dormir, dormir ! rêver peut-être !
    Là est la question. Car quels rêves peuvent nous venir dans ce sommeil, une fois désenchevêtré de ces liens mortels ?  »
    Merci Willy.

  8. « Ne cessant de « marcher au milieu » nous somme à l’abri des surprises du destin.
    Supporter avec douceur les rustres,
    traverser résolument le fleuve,
    ne pas négliger ce qui est au loin,
    ne pas tenir compte de ses compagnons.
    Ainsi l’on parvient à marcher au milieu.
    On reconnaît ici l’attitude de détachement, de souple abandon dans laquelle tous les enseignements voient le terme de l’homme: perte constante et féconde où l’être possède le tout, paisible non-savoir qui surpasse toute intelligence.
    Tel est le secret de sagesse du Yi King. C’est en cela qu’il a été une source d’infinies méditations pour Lao Tseu et Confucius. La tradition veut que Confucius ait usé trois rouleaux du Yi King à force de les lire.
    Extrait du Yi King « Le livre des transformations »

  9. Chère cruella, au 9 à la deuxième place je te propose le 9 à la troisième :
    « Pas de plaine qui ne soit suivie d’une côte,
    Pas d’aller qui ne soit suivi d’un retour.
    Sans blâme est celui qui demeure constant dans le danger.
    Ne te désole pas d’une telle vérité ;
    Jouis du bonheur que tu possèdes encore. »

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