Sur le chemin qui m’ amène matutinalement de mon domicile au lieu ou j’ exerce mon sacerdoce, une affiche agresse mon regard encore voilé par les brumes du sommeil.
Cette fille décharnée, faisant un mourre de six pieds de long, hâve, les joues creuses, mal peignée, aux cuisses d’ anoure s’ échappant du tissu, pose, à contre-coeur semble-t-il et dans une attitude simiesque, pour le magasin Le Printemps.
Comment les publicitaires peuvent-ils imaginer que la vue d’ un tel pébron, comme on dit ici, puisse nous faire nous précipiter toutes affaires cessantes vers la sus-nommée enseigne ??
C’est un des mystères que je voulais partager avec vous.
Eh bien moi, je n’ irai pas au Printemps: mais ici !
Lenonce
Pour ma part, il est clair que je n’ai aucune raison sérieuse d’aller m’acheter une robe, fusse au printemps. Dois je en déduire que notre lenonce des bois réagit sur une longue pratique travestie ?
A moins que cela ne soit sur le corps famélique de ce mannequin en sursis, dont la santé est déjà sacrifiée sur l’autel de la consommation.
Brave petite ! Ton sacrifice permettra à « 60 millions de cons » (merci grincheux) de poursuivre leur gavage à la pub et de pleurer ensuite sur l’augmentation des prix. Pas trop longtemps cependant car l’ineffable ORTF saura consoler ce banc de moules accrochées à leur écran plat comme un morpion aux poils d’un curé de campagne.
Pauvre petite, ton QI de poule te rendrait presque attachante, sous réserve que tu ailles travailler aussi en thaïlande pour y rencontrer nos plus libidineux spécimens de citoyen.
Le printemps sera-t-il moche, mon cher lenonce ? Pas plus que ce à quoi la « proximité crasse », qu’un effort de vomissement a un jour d’ivresse nommé le peuple, nous a habitué.
A croire que depuis Juvenal il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
(spéciale promo : 2 pour le prix d’une !)
Eh les gars, soyez positifs : en voilà au moins une que le prix en hausse du paquet de nouilles et de la kronenbourg ne va pas faire souffrir. Que d’os, que d’os !
Pas concernée par le prix du paquet de nouilles, certainement, mais en voilà une qui doit militer pour la baisse du prix de la salade.