" Dès ma sixième année, j’ avais pris l’ habitude de dessiner les formes des objets. A cinquante ans, j’ avais publié un monceau de dessins, mais, de tout ce que j’ ai fait avant ma soixantième année, rien ne compte. C’ est à soixante-trois ans seulement que je suis parvenu à comprendre dans son intime structure la vraie nature des bêtes, des plantes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. A quatre-vingt ans, j’ aurais accompli d’ autres progrès encore. A quatre-vingt-dix, je pénètrerai le secret des choses et à cent ans je serai parvenu au plan du miracle. A cent-dix ans, tout, que ce soit un point ou une ligne sera vivant.
Ecrit par moi, Hokusai, le vieillard fou de dessin."
J’ ai trouvé ce texte splendide à la fin de l’ excellente biographie de Joseph Kessel, écrite par son ami et confident Yves Courrière.
D’ Hokusai, tout le monde connait la vague (observez le traitement fractal de l’ écume):
Voici un autre dessin, délicieusement troublant, intitulé " le rêve de la femme du pêcheur ", qui montre qu’ Hokusai n’ était pas fou que de dessin …
Lenonce
Merci cher lenonce de nous offrir ces trop rares moments d’art pictural, à mi-chemin entre l’expérience mystique et la brouette japonaise.
Fî de ce cunnilingus céphalopodique, je me permets d’attirer ton attention sur le projet tout aussi « délicieusement troublant » de l’artiste dans la première oeuvre.
La présence du Mont Fuji en arrière plan ne t’aura pas échappé, symbole yang dressé dans sa majesté qu’une vague/eau, symbole yin, s’apprête à recouvrir, du moins à notre regard ; voire à saisir avec les petites mains, que l’on devine avides, de son écume blanchâtre. Ceci, bien sûr, n’enlève rien au rôle précurseur de hokusai dans la théorie des fractales, que mandelbrot redécouvrit un soir de solitude masturbatoire dans son cabinet d’estampes japonaises.
Il me revient à l’esprit un proverbe plein de sagesse : » celui qui voit les neiges du Mont Fuji en Mai, sait qu’Avril est fini ».
Ps: A quand des photos « délicieusement troublantes » de carla ? Avec le « mollusque » serait un plus.
Pour alimenter la réflexion artistique de LENONCE (qui lit les livres qu’on lui offre)je vous en livre une de Romain GARY dans « la promesse de l’aube »….
Il dit qu’il est né en tant qu’artiste le jour où il a compris « ….ce suprême échec que l’art est toujours, l’homme, éternel tricheur de lui-même, essaye de faire passer pour une réponse ce qui est condamné à demeurer comme une tragique interpellation ».
Voilà….je vais me recoucher.
Géronte d’Allauch
La vision de gary sent son tragique judéo-chrétien, né de l’impossibilité à surpasser la condition qui nous « condamne », hors et malgré nous.
N’écartons pas non plus que ses propos sont peut être liés à ce trouble de l’humeur (endogène) qui le poursuivra et le mettra à mort dans les circonstances que l’on connait.
L’interpellation ne serait elle pas la position au Monde de chacun ? Le tragique ne serait il pas d’avoir, seul, la responsabilité de la réponse ? Il faut pour cela affronter un incontournable soliloque, où parfois s’invitent d’autres parts de nous même et pas nécessairement les meilleures.
C’est le moment du colloque » tragiquement » singulier, en tout cas pour ceux qui osent une réponse.
Devons nous impliquer l’art alors que les « jeux » sont déjà faits quand nous éprouvons ? Et serait ce l’art de la « tragique volonté » chez sophocle ou celui plus médical du « tragique échec » d’une prise en charge spécialisée chez gary ?
« Il est moins grave de perdre que de se perdre. » Sombre prémonition de l’écrivain.
Fichtre, me voilà alimenter le vide de ce commentaire avec le plus grand sérieux. Que dinouart me pardonne ; encore une « tragique interpellation » de l’art de se taire avec lequel,décidement, on ne peut pas tricher.
» Oh punaise….. »
BART SIMPSON’S
» vous êtes caustique… »
PRESKOVIC
(amateur de kloug)