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Ces airs aimés d’Aimé Césaire…..

J’avoue n’avoir rien lu de celui que l’on présente en ce moment comme une sorte de Victor Hugo du XXe siècle (mais si, je l’ai entendu sur France Info, la radio qui rend idiot…).

Il n’empèche que tout ce battage (que je trouve tout de même un peu exagéré et sur lequel nous pourrions philosopher longtemps) autour d’Aimé Césaire m’a fait rechercher sur la toile quelques textes.

Je vous en livre un….et, c’est certain, je vais aller à la FNAC m’acheter quelques livres de lui.

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture
on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer – parfaitement le tuer – sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?

(extrait du "cahier d’un retour au pays natal")

Géronte d’Allauch

11 réflexions sur “Ces airs aimés d’Aimé Césaire…..

  1. Je m’apprêtais à faire un saut à la FNAC pour me procurer un de ses livres, mais après avoir lu cet extrait j’ai brusquement changé d’avis.
    Merci Géronte

  2. Pauvre Hugo…
    Mais le meilleur est à venir, le penseur de la « négritude » au panthéon pour avoir été un penseur « universel ». Laissez moi être sceptique sur sa capacité à tendre vers l’universel… alors qu’il n’a écrit que sur les noirs et qui plus est les noirs de Martinique.

  3. Cet extrait est pas mal non plus, ou Césaire compare le colonialisme au nazisme et nous dit qu’ en chaque homme blanc il y a un Hitler qui sommeille … Rien que ça !
    « Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. »
    Lenonce

  4. Notre inestimable aimé, insignifiant scribe abandonné sur le terrain vague littéraire des flots bleus d’une langueur très très conne, notre inestimable, donc, se fourvoie.
    Ce gluantissisme bourgeois, dont aimé n’est finalement qu’une vaine copie, ne pardonne pas au dictateur, quelqu’il soit, de lui faire peur. Robespierre en d’autres temps l’apprît à ses dépens.
    Ce résidu apostolique de bourgeois, aux gonades baignant dans sa médiocrité de classe, sous-produit d’une reproduction mercantile torve, ce cloporte bipède donc, n’eut même pas l’heur d’être un pionnier dans ce « libre marché » d’humains.
    D’autres, avant lui, avaient pris les choses en main. Depuis les royaumes africains, injustement ou opportunément méconnus d’un point de vue historique, jusqu’aux razzia arabes, la traite des humains était largement organisée. Ce n’était que la triste continuation de ce que les civilisations antiques pratiquaient déjà.
    Ces « très chrétiens de bourgeois » contemporains ne sont que l’ultime souillure de la reproduction endogamique des bouffeurs de racine qui connurent à genoux l’époque où « chrétien » avait un sens. A ce jour, ils n’ont de commun avec l’éclesia que la fréquentation assidue des bordels de sous préfectures et autres partouzes provinciales ; les plus aventureux d’entres eux se croisant sur les trottoirs asiatiques ou dans quelques conseils d’administration et arrière-boutiques où l’hypercholestérolémie se dispute avec l’arthrite la prééminence sur le décati libidineux.
    Avant de prétendre à une étude « clinique » et s’approcher du sujet, une vision historique plus globale est un préalable incontournable. L’aveuglement partisan et bilieux n’excuse pas l’approche puérile et sommaire.
    Il y aurait un hitler dans chaque blanc ? Alors comme un benladen ou un kadafi dans chaque arabe, un mao dans chaque jaune, un amin dada ou un bokassa dans chaque noir ? et dans mon cul la plume qui lui servit à alourdir par de telles fadaises la francophonie béate d’un public au lissage cortical définitif. Sapristi, des milliards de fachos esclavagistes et dictateurs sanguinaires ; vivement que les martiens attaquent sinon nous allons manquer d’esclaves.
    La pensée de notre aimé est courte, autant que celle des jambier qu’il croit dénoncer ; cet insuffisant petit baveux ne sut pas dépasser son amertume « d’esclave » boursier à Louis Le Grand puis « d’esclave » à Normale Sup.
    Un rebelle de l’aigreur donc qui sera un « esclave » de maire puis de député en martinique, candidat du PC à ses débuts, idéologie dont chacun sait, notamment les paysans d’ukraine et les engoulagés de sibérie, qu’elle se propose d’étendre le respect de la personne humaine, y compris dans les charniers de katyn.
    Je ne souhaitais pas rédiger quoique ce soit sur cet accident domestique de la littérature francophone. Mais je dois avouer que la martinico-parisiano-fanfare des flots-bleus-d’une-langueur-très-très-conne commence à me les briser menu.
    Qu’on lui mette sa plaque au panthéon au plus vite afin que nous puissions enfin reparler de littérature. Cela fera sourire Hugo et taire les beuglements de ce troupeau de ruminants convoqués à chaque élection.
    La bétise étant universelle, je propose que soit au titre du « con qui s’ignore ». Vaste fraternité.

  5. C’est vrai, l’aveuglement partisan et bilieux n’excuse pas l’approche puérile et sommaire… Que de commentaires stupides déposés par des personnes qui ne connaissent rien au sujet mais qui du haut de leur inculture se permettent de commenter, d’analyser des bouts de textes sans connaître l’œuvre et son contexte. Des bruleurs de livres qui osent parler d’aigreur et d’accident domestique de la littérature francophone alors qu’ils ne sont que des ratés cantonnés à s’exprimer sur des blogs minables et des accidents de la nature. Avant de faire de tels commentaires, merci de vous renseigner un peu plus… notamment sur ce que vous (et en aucun cas Aimé Césaire…) qualifiez de blanc… Plus que des cons qui s’ignorent, vos propos sont dignes de cons ignorants.

  6. Je savais que ce type de note ne laisserait pas indifférent!
    Je me suis d’ailleurs bien gardé de prendre position par rapport à Césaire dont je n’ai jamais rien lu. Mais la plupart de ses thuriféraires n’ ont rien lu de lui non plus.
    @ martre: merci de votre commentaire, vif mais argumenté. Revenez plus souvent sur ce blog minable … Au fait, avez-vous lu Césaire ?
    @ pilier de mines: vlan pour toi: tu ne l’as pas volé!
    Prendre des extraits n’ est pas une faute en soi, pourvu qu’ on ne travestisse pas la pensée de l’ auteur. On trouve sur le net les deux premières parties du discours sur le colonialisme, et c’est vraiment le ton de l’extrait: très violent. Vous me direz que le colonialisme aussi était violent, et vous avez raison. Je ne peux pourtant m’empêcher de penser que c’est un peu grâce au colonialisme que Césaire a passé l’ agreg …mais chut, il ne faut pas le dire!
    On peut penser que Césaire a une portée universelle, mais on ne m’empêchera pas de penser aussi que Césaire n’a écrit qu’à destination du seul homme noir.
    Lenonce

  7. Le pire est que dans mon petit article je suis complètement sincère et sans aucune arrière pensée. J’ai vraiment décidé d’acheter quelques livres de Césaire. J’ai adoré « mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crâne de Hottentot? ».
    Je pourrai, alors, porter un jugement éclairé sur l’auteur et ces écrits (et discours).
    Il est vrai que PDM y est allé un peu fort… et martre aussi qui lit tout de même des ‘blogs minables’ et fait preuve, dans son emportement, de la même ignorance que celle qu’il dénonce chez les autres !
    On se calme…on lit Aimé et on en reparle !

  8. Le marâtre est sagace car pour ma part c’est avec une peine mal dissimulée et une émotion à peine contenue que je dois me résigner à être un « con ignorant » de cette littérature.
    J’éprouve quelques remords de cette honteuse curiosité qui m’a poussé à lire du « césaire » dès lors que les médias se sont enflammés autour de son agonie. Las, non content de suivre le troupeau, infâme minable des blogs que je suis, l’ennui fut ma sanction ; l’inanité du propos se le disputerait à l’outrance des arguments ?
    Sapristi, ne sachant qu’à peine lire et écrire, engorgé d’une haine tenace pour l’homme cultivé, comment pouvais je percevoir une qualité de texte particulièrement bien cachée. Et quel désarroi quand je retrouvai sur ce blog perfide l’oeil caïn de ma faute : un extrait de césaire.
    Ma descente aux enfers des minables, digne défenseur de la francophonie tropicale, fut ce moment de mauvaise humeur où je formulai un avis sur cet incident domestique (c’est mieux je crois), agacé que j’étais par un débat sans âme ni intérêt perdurant sur ce blog. J’aurais la faiblesse de plaider que l’on n’y trouve habituellement que les éructations minables d’une bande d’attardés lubriques cela va de soi.
    Alors, très cher marâtre, du haut de cette culture que je devine et dont votre post est un édifiant échantillon de style et de pertinence, je vous invite à parcourir l’infinie étendue des blogs minables pour apporter l’unique et vraie parole, toujours plus loin cependant afin que vous ne fassiez pas renaître en moi cet insupportable ennui digne, peut être, d’un con qui s’ignore mais impropre, sûrement, à un con ignorant.
    Que l’on ouvre au plus vite le panthéon mais, pitié pour les minables que nous sommes, que ce débat s’arrête. Au mieux, groupez les pages les plus belles que vous trouverez et éditez un recueil sinon un fascicule ; les minables que nous sommes y gagneront du temps. Des images à colorier seraient un plus.
    Cher marâtre, je vous ai bien compris, osons le panthéon et laissons aux augustes contempteurs des blogs minables le soin de parler de cette littérature.
    A nous minables, la douleur de rester entre nous. L’espoir renaît peut être.

  9. Bordel ! je m’étais pourtant promis de ne pas donner à cette note le moindre souffle d’air. Mais, je ne peux me résoudre à laisser une bande de résistants de la 25°heure s’autoproclamer les ébouriffants protecteurs d’une littérature de la « négritude ».
    Puisque c’est de la dénonciation véhémente dont vous aimez vous repaître, charognards de la souffrance, lisez Chester Himes et vous apprendrez qu’on peut le faire avec le plus terrible humour, lisez René Maran et son « batouala » et vous constaterez que la lucidité digne échappe à l’amertume bilieuse, enfin lisez Baldwin, le plus virulent sans doute et pourtant le plus édifiant, qui, dénonçant la fatalité sociale d’une « négritude », n’a pas dissous son propos dans l’acidité revancharde mais, bien au contraire, à parler de ce qu’il avait de rédemption pour les frères humains à dire l’amour de son prochain et à faire que chacun resta debout dans sa quête de liberté. Nulle béatitude cependant puisqu’il ajoutait avec cet humour lucide et désespéré : » Le prix du ticket (sera) terriblement élevé « .
    Pour ou contre, on sort grandi d’une telle lecture et loin, très loin de la guimauve provocatrice et des mièvreries poètisantes d’un normalien en rupture de fonction publique.
    Un dernier mot pour les gouapes qui objecteraient qu’il s’agit là plus d’une revue nécrologique que d’une (brève) bibliographie. Addict d’une « modernitude », lisez « Lettre à Jimmy » de Alain Mabanckou, sorti en 2007, vous y trouverez de quoi lire « du noir », méta-racistes et ennemis de l’Homme que vous êtes, et découvrir baldwin ; alors seulement, vos postures littéraires auront un sens.
    Que l’enfer des tartuffes insanes engloutisse ces vagissements d’aculturés à la mode de chez nous.

  10. C’est presque du CELINE, quand P.D.M s’énerve. Pour le plaisir, quelques lignes de « féerie pour une autre fois », livre très difficilement lisible mais avec des envolées exceptionnelles.
    « …et les falsifieurs sabordeurs ‘trouducteurs’ ? Ils sont aussi des hordes maudites ! Voleurs de lecteurs ! Romans ricains à tant la page ! Fléaux employés du Chaos ! la félone espèce ! vous méfiez pas ? refileurs de rebuts de Zola ouinouintés yankee ! l’horrible gargote ![……]L’Europe-la-Gogo ! bâfrante léchant tout ! Ravalez Maupassant tièdes cons ! Clergyman gangster chewingant !….. ».
    Ca c’est de l’envolée. Encore un effort, P.D.M…!

  11. J’ajoute, pour compléter le commentaire érudit et emporté de pdm, que Faulkner a probablement écrit les plus belles pages de la littérature sur les « négres », et ceci bien avant Césaire.
    A lire, ou relire, « Le bruit et la fureur », bien sûr et surtout « Requiem pour une nonne », un chef d’oeuvre!
    Et comme le disait un numide dans Astérix: « Ave Césai’e, ceux qui vont mouri’ te salue … »
    Lenonce

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