LETTRE OUVERTE AU DOCTEUR BONNEMAISON

Mon confrère, mon frère,

quand le verdict est tombé, j’étais certain que tu allais te suicider. Tu ne pouvais pas t’ en sortir.

Harcelé par la crapulerie de soignants mal-intentionnés, abandonné par tes pairs: le conseil de l’ ordre t’ a radié le lendemain de ton acquittement au premier procés, poursuivi par un parquet aux ordres d’ un venimeux  serpent pour lequel un médecin est une proie facile, tu n’avais que ton humanité et ton honneur de médecin à opposer. Autant dire rien face à tant d’ ignominie.

Copernic l’ avait écrit: il n’est pas de remède à la morsure des sycophantes. C’ est cela qui t’ a empoisonné.

J’ espère que tu vas te remettre, que tu réussiras, un peu, à revivre, et qui sait, à retoucher un patient, car, tu l’ as dit, c’ est cela qui nous plait plus que tout.

Et je crache à la gueule de tous ceux qui auront participé, directement ou indirectement, à l’ euthanasie que tu auras fini par t’ infliger.

Courage.

lenonce