Sur un air de waterloo…

File_260005_56068Législatives, législatives, législatives ! mornes élections !
Comme une onde de choc dans une urne électorale,
Dans ton cirque de déclarations, de trahisons, de dénonciations,
La pâle vengeance mélait les sombres destins.
D’un côté c’est le péesse et de l’autre l’UMP.
Choc sanglant ! des zéros Dieu trompait l’espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O législatives ! je pleure et je m’arrète, hélas !
Car ces derniers socialistes de la dernière campagne
Furent presque bons; ils avaient vaincus tous les obstacles,
Chassé vingt prétendants, passé les primaires,
Et leur âme chantait dans des déclarations d’airain !

Le 10 juin arrivait; la lutte était ardente et noire.
Ils n’avaient ni l’offensive, ni la victoire ;
Ils étaient tenus par SARKO acculés sur leurs contradictions.
Leur morgue à la bouche ils observaient parfois
La courbe des sondages, point obscur où tressaille
Le résultat; effroyable et probable déroute,
Et parfois l’hémicycle, bleu comme la mer.

Soudain joyeux, ils dirent "marée rose" ! – C’était marée bleue !
L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme.
La déroute, minimisée, grandit comme une flamme.
Les députés bleus écrasèrent les carrés roses.
L’hémicycle où frissonaient encore quelques socialistes,
Ne fut plus, dans les cris des perdants qu’on expulse,
Qu’une palette flamboyante, bleue comme le ciel,
Palette où le rose, comme après un lavage,
Se désintégrait comme une peinture délavée.
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Sarko vit les roses s’écouler comme un fleuve;
Ségolène, Dominique, Laurent, François; et dans l’épreuve
Sentant confusément venir le renouveau,
Levant les mains au ciel, il dit:- Mes amis construisez la France
Sur les ruines laissées par mes prédécesseurs.

Géronte d’Allauch (d’après Victor Hugo).