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Souvenirs, souvenirs !

Je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne ce texte merveilleux de cruella, visiteuse fidèle, qui l’ a laissé en commentaire d’ une note de géronte ( son chouchou … je suis jaloux !). J’ espère qu’ elle ne me tiendra pas rigueur de cette initiative.

" Toi qui est né avant les années 90,
Comment as-tu survécu ? Les voitures n’avaient pas de ceintures de sécurité, pas d’appui-tête et bien sûr pas d’airbags.
Sur la banquette arrière, c’était « rigolo » et pas « dangereux »
Les barreaux des lits et les jouets étaient multicolores ou du moins vernis avec des peintures contenant du plomb ou d’autres produits toxiques.
Il n’y avait pas de sécurité enfant sur les prises électriques, portières de voitures, médicaments et autres produits chimiques ménagers.
On pouvait faire du vélo sans casque.
On buvait de l’eau au tuyau d’arrosage, à une fontaine ou à n’importe quelle source, sans que ce soit de l’eau minérale sortie d’une bouteille stérile…
On construisait des caisses à savon et ceux qui n’avaient pas la chance d’avoir une rue asphaltée en pente devant chez eux pouvaient tenter des records de vitesses et se rendre compte à mi-chemin que les freins avaient été oubliés… Après quelques accidents, le problème était en général résolu !
On avait le droit de jouer dehors à la seule condition d’être de retour avant la nuit. Et il n’y avait pas de portables et personne savait où l’on était et ce qu’on faisait… incroyable ! L’école durait jusqu’à midi, on pouvait rentrer manger à la maison. On avait des écorchures, des fractures et parfois même on se brisait les dents, mais personne n’était mis en accusation pour ça. Même quand il y avait une bagarre, personne n’était coupable à part nous-même.

On pouvait avaler des tonnes de sucreries, des tartines avec des tonnes de beurre et boire des boissons avec du VRAI SUCRE, mais personne n’avait de problèmes d’excès de poids, car nous étions toujours dehors. On pouvait se partager une limonade dans la même bouteille sans risquer d’attraper des maladies.
Nous n’avions pas de Playstation, Nintendo 64, X-box, jeux vidéo, 99 programmes de TV sur câble ou satellite, pas de vidéo, de Dolby sur round, de portable, d’ordinateur, de chat room sur Internet, mais nous avions… des amis ! On pouvait sortir, à pied ou en vélo pour aller chez un copain, même s’il habitait à plusieurs km, frapper à la porte ou simplement rentrer chez lui pour le prendre pour jouer avec nous.
Dehors, oui dehors dans le monde cruel ! Sans surveillance ! Comment cela a-t-il pu être possible ? On jouait au foot avec un seul but et si l’un d’entre nous n’était une fois pas sélectionné, pas de traumatisme psychologique, ce n’était pas la fin du monde ! Parfois un élève peut-être un peu moins bon que les autres devaient redoubler. Personne n’était alors envoyé chez les psychologues ou pédopsychiatres. Personne n’était dyslexique, hyperactif ou avait des « problèmes de concentration ». L’année était redoublée, point et chacun avait les mêmes chances que les autres.
Nous avions des libertés, des échecs, des succès, des devoirs et des tâches… et apprenions à vivre avec.
La question du jour est donc : mais comment avons-nous survécu ?
Comment avons-nous pu développer notre personnalité ? "

Merci, cruella, pour ce témoignage plein de poésie.

Lenonce

6 réflexions sur “Souvenirs, souvenirs !

  1. CRUELLA est bonne fille (ou bon gars ?) –
    C’est en effet un texte qui donne à féfléchir.
    J’ai entendu il n’y a pas longtemps des jeunes (des jeune, quoi, , pas des casseurs du 9-3) me demander comment nous faisions « de mon temps » sans téléphone protable et avec ^seule minable chaîne de TV en noir et blanc. J’ai revu un copain de l’école primaire en avril 2008, et nous avons précisément évoqué ce sujet : il m’a rappelé que quand il voulait me parler il sortait de chez lui, marchait jusque chez nous (ma famille), se plaçait sous la fenêtre de ma chambre puis émettait un cri perçant caractéristique convenu (ce devait être avant la mue adolescente) que je ne manquait pas de capter. Car il faut dire, messieurs-dames, que non seulement nous n’avions pas de tél mobile, mais pas de tél fixe non plus ! Allez donc vous épanouir et devenir un adulte équilibré dans ces conditions !

  2. Un coup de blues de cruella, derrière l’interrogation.
    Il n’est pas dit que nos parents ne se soient pas posé la même question en nous voyant. La différence est probablement la rapidité avec laquelle la production (et la consommation) évolue, générant ainsi un plus grand décalage générationnel qui nous surprend.

  3. Ne soyez pas jaloux, cher Lenonce, j’ai quatre chouchous et vous en faites parti.
    @ Grincheux
    Qui suis-je, d’où viens-je, je ne sais pas, je ne sais plus, quel importance? Je suis là et heureuse de l’être.

  4. Très beau texte, CRUELLA, que j’aurais volontiers lu en écoutant un air des BEE GEES si j’avais retrouvé mon mange disques !
    Il y a cependant une toute petite chose qui me chagrine, un détail….c’est que, peut-être sur un air des BEE GEES, un jour, nous nous sommes reproduits, peu après ces années là et que les « complications » d’aujourd’hui sont peut-être un peu le résultat de notre (non ?) éducation ?
    Je n’en sais à vrai dire rien, mais j’ai un gros doute.
    Nous nous sommes un peu endormis dans les délices de capoue et n’avons pas vu arriver un monde à mutation suraccélérée.

  5. Ah ! Capoue qui s’abandonne aux bras d’Hannibal … mais laisse à Rome un sursis salvateur. Il n’y aurait peut être pas de généralités à conclure (tous coupables ?) sur les causes (univoques) et l’étendue du mal (tous flétris ?) qui ronge cet ici-bas. Gardons le choix, au pire son illusion, du camp où on espère un refuge.
    Scipion ou Hannibal, cela nous changera de nos élus guignolesques habituels.
    Pour ma part, je verrais bien les bee-gees en carthaginois ; sans doute leur côté « patte’def ».
    Ps : cruella, vous avez pu constater les penchants zoophiles de vos chouchous qui ne méritent pas la distinction que vous leurs faites.
    Si encore ils promettaient de s’arracher la peau pour vous confectionner un manteau ; que nenni ma cruelle !
    Et à moins de jouer les succubes, emmaillotée dans une galette d’orge réhaussée de poils de yack, et affecter de vous contorsionner sur un vélo pour la fête du printemps, ces lubriques carthaginois des blogs continueront d’accabler de leur féroce appétit les plus virginales mouches dans leur vol gracieux.

  6. Pour ma part, j’ai pensé à Beatles « All you need is Love ».
    Je suis vraiment flattée, je ne pensais pas susciter tant d’attention à mon égard en écrivant ce commentaire.
    Ps: quand à « s’arracher la peau pour vous confectionner un manteau », heureusement que vous n’êtes pas allés jusqu’à là, toutefois, à toute fin utile(qui sait?) et excusez moi pour cette pertinence, a-t-elle la moindre valeur, votre peau? Surtout ne vous fâchez pas.

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