La guerre des rosses…*

Vous pensiez qu'à la suite de cette démonstration de démocratie au sein du PS la page serait tournée et que les journaleux de tous bords se consacreraient à autre chose ? (mais bon sang qu'est devenu le danger de la grippe aviaire ?)…et bien c'est raté car cela ne fait que commencer.

AUBRY a donc gagné (?) avec 50,02% des voix. Sur 137.116 votants, 67.413 ont opté pour la bouffie de Lille et 67.371 pour l'illuminée de Poitou-Charentes. Il y a donc 42 voix d'écart.

Pour les "royalistes" ce n'est pas "bienvenue à la ch'ti" puisqu'ils demandent un nouveau vote. Julien Dray, Ségoléniste de la dernière heure, dit «Pour nous, Martine Aubry n'a pas gagné. Je tiens à vous préciser que nous contestons ces résultats. Pour nous ils sont problématiques. Il y a des choses qui ne collent pas. Il y a des contestations qui font qu'à ce stade, la seule solution possible, c'est de revoter. Il n'y a pas de vainqueur possible annoncé. Les recours sont déjà faits. Il y a beaucoup de PV qui n'ont pas été signés par les scrutateurs, où il y a des problèmes avec les résultats. Si on fait le total de tous ces problèmes-là, on voit bien que les 42 voix… on ne sait plus où l'on en est dans l'écart».

Le parti socialiste est en train de rejouer le scénario des élections présidentielles américaines de 2000 en Floride. Nous pensions qu'il venait de toucher le fond de la connerie…et bien non. Il continue à gratter pour gagner encore quelques précieux centimètres.

La grande gagnante de cette élection c'est Marie Ségolène. Une fois de plus elle va se poser en victime. Elle commence déjà à dénoncer "des méthodes de l'appareil du Parti totalement insupportables".

Ces deux femmes ne s'aiment pas depuis longtemps comme ce florilège de petites phrases (source AFP) le démontre.

" Pour Martine, je faisais partie des ombres, des passe-murailles (…) Elle me prenait vraiment pour la dernière des nouilles" (Royal, Les Echos, sept. 2008)

" Elle balance, mais ce n'est pas nouveau de sa part. Qu'elle vienne au Zénith, la musique adoucit les moeurs!" (Royal, entretien à 20 minutes, sept. 2008)

" La politique, c'est donner une vision et un sens, et pas demander aux Français tous les matins ce qu'ils pensent ou dire ce qu'on croit qui va leur plaire" (Aubry – juin 2008).

" Ce que je propose aux militants, c'est de ne pas redonner le parti à ceux qui l'ont déjà depuis 15 ans puisqu'avec Martine Aubry, il y a aussi Lionel Jospin et Laurent Fabius". "J'incarne un contact particulier avec le peuple" (Royal, nov. 2008)

" Nous pensons qu'un parti ne doit pas être derrière une personnalité, ce doit être des militants engagés (…) non pas pour la réussite d'une personne, mais pour la réussite de leurs valeurs" (Aubry, nov. 2008)

" Les autres motions (pour le congrès de Reims, ndlr) sont portées par des personnalités qui ont été aux abonnés absents, comme Martine Aubry, pendant la campagne de 2007" (Royal, sept. 2008).

La guerre des rosses ne vient pas de commencer, elle continue.

Géronte d'Allauch

* ce titre magnifique m'a été soufflé par LENONCE lui même à qui, bien entendu, je l'ai soufflé.